Le programme, c’est nous !

Voilà, nous y sommes, au terme des primaires qualificatives lancées par les vieux partis pour continuer à cadenasser l’accès au pouvoir, tous les candidats sont désormais sur la ligne de départ et la campagne présidentielle peut vraiment commencer. Les équipes de campagne sont affutées, les slogans calamistrés, les coiffures lissées, les propositions aiguisées et les communications lustrées.

Pourtant, à la surprise presque générale, quelque chose ne se passe manifestement pas comme prévu. Au moment de regarder les sondages pour ce qu’ils sont, c’est à dire des photographies de l’opinion à un instant précis, il s’avère que les Français ne font pas ce qu’ils ont toujours fait… Ils sortent de la route que PS et LR avaient pourtant tracée et balisée pour eux.

Après avoir contraint François Hollande à renoncer, après avoir éliminé Sarkozy, repoussé Juppé et éjecté Valls, les Français semblent finalement vouloir suivre un chemin cohérent basé sur le seul slogan qui ne leur soit dicté par personne : « Sortons les sortants ».

Fatigués par les échecs, les promesses non tenues, les errances idéologiques, les compromis et les compromissions, les scandales avérés et les emplois fictifs, les professionnels de la réélection et les amateurs de la gestion, après 40 ans d’alternance stérile, il se pourrait que les Français finissent par lui préférer ce qu’ils n’ont jamais osé, l’alternative, la vraie, celle qui vous fait basculer dans un autre modèle, dans une autre dynamique et finalement dans un autre temps.

Cette alternative est en marche et elle a désormais un visage et un nom, elle s’appelle Macron.

Alors évidemment, les vieux partis et leurs vieux apparatchiks se débattent, experts comptables de tout sauf de leurs propres pratiques et de leurs récents passifs, ils réclament ici l’autorité et là-bas le sérieux, tantôt la rigueur, tantôt l’expérience, des engagements fermes et des chiffres précis, des mesures ciselées et des procédures écrites et surtout, surtout, un programme.

Effectivement, c’est important un programme, ne serait-ce que pour mesurer l’ampleur de la catastrophe à chaque mandat, l’importance de ce qui n’a pas été fait, l’épaisseur de ce qui a été dénaturé, l’immensité de ce qui a été oublié, l’intensité de ce qui a été exagéré et finalement la colère que tout cela engendre, sur la pente raide qui mène les chartes programmatiques jusqu’au cimetière des illusions perdues.

Je fuis tous ceux qui alignent les centaines de propositions, ceux qui jonglent avec les centaines de milliards d’€ de budgets, ceux qui font disparaitre des centaines de milliers de fonctionnaires tout en promettant plus de sécurité, de justice et de soins, ceux qui ferment les frontières, ceux qui changent de monnaie, expulsent, embauchent, allègent ou créent de la croissance en quelques jet d’encre sur une feuille A4.

Aucun programme ne nous a manqué depuis 30 ans, bien au contraire, nous avons collectionné les propositions chiffrées, les engagements précis, les plans d’actions brandis comme des étendards, les déclarations tonitruantes d’économies et d’investissements, contre la fracture sociale, pour gagner plus, contre le monde de la finance… Et pour finalement nous rendre compte qu’il manquait l’essentiel, c’est à dire une vision, un projet et surtout, une volonté.

L’élection présidentielle française n’est pas une course à la proposition chiffrée, elle ne devrait pas se dérouler dans l’hypermarché de la promesse politique où des chefs de rayon encravatés nous racontent tous les 5 ans que demain « on rase gratis » et où l’on découvre après coup que c’est toujours avec notre argent et qu’ils n’ont pas rasé grand chose.

L’élection présidentielle est un moment très particulier de notre vie démocratique où un peuple libre rencontre une femme ou un homme libre, c’est à dire affranchi des appareils politiques. Ce que nous devons attendre d’un Président de la République c’est qu’il entre en résonnance avec son peuple, avec ses valeurs et avec son temps.

  • Avec son peuple parce qu’il doit l’incarner, dans sa complexité mais aussi dans son espérance. Il doit en comprendre les ambiguïtés, savoir écouter ses colères, deviner ses mouvements et anticiper ses aspirations.
  • Avec ses valeurs, à commencer par celles qui ont bâti ce pays et son socle républicain et ces quelques mots qui disent l’essentiel de ce que nous sommes : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. […] Sa devise est Liberté – Egalité – Fraternité. […] Son principe est : Gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple. »
  • Enfin avec son temps, parce que nous sommes en 2017, parce que nous sommes au cœur d’une révolution technologique comme il s’en est produit peu dans l’histoire de l’Humanité, parce que les enjeux qui touchent à notre environnement sont historiques et parce que la lecture de ce qu’il se passe aujourd’hui est une clé de réussite pour demain. Le fait que nous élisions quelqu’un de et dans son temps n’est pas une coquetterie générationnelle mais l’impérieuse nécessité de donner une impulsion qui fasse écho aux défis qui se dressent devant nous.

Loin de l’accumulation de propositions hétéroclites et souvent irréalisables, le choix qui nous est proposé est principalement un choix de société, celui d’une France immobile, repliée sur elle même, isolée et catatonique, et celui d’une France en mouvement, audacieuse, tournée vers le monde et son temps, affrontant les défis pour reprendre la place qui lui revient au cœur de l’Europe, seule à même de pouvoir nous protéger de la mondialisation et de ses excès.

Ce pays et ce peuple n’ont plus besoin qu’on les gouverne, ils ont besoin qu’on leur redonne le pouvoir de faire. Le projet d’Emmanuel Macron repose sur ce double impératif de libérer les énergies de tous ceux qui savent/veulent/peuvent transformer ce pays par leur créativité, leur action, leur entreprise, leur commerce, leur savoir faire, leur passion, leur mission, leur art… et en même temps, de protéger tous ceux que la vie a rendu plus vulnérables, parce que c’est l’honneur de notre République et parce qu’aucune civilisation ne peut se construire sur le rejet des plus faibles.

C’est de cette énergie et de cette empathie dont nous avons besoin et chacune d’elles se trouve plus souvent dans le caractère d’un Homme, dans les murs porteurs de son projet, et dans la dynamique des 200.000 adhérents d’un mouvement qui s’est propagé sur tous les territoires, que dans les propositions utiles mais insuffisantes d’un énième programme de gouvernement.

Le temps de la réforme est passé, il s’agit désormais de transformer la France et l’Europe et pour cela, il est moins important de poser des mesures sur la table que de la renverser. Dès lors pour faire bouger les lignes d’un modèle dépassé et d’un pays tout entier, le programme s’impose clairement et nettement, il tient en un mot et en 65 millions de possibles, le programme, c’est nous !

10 thoughts on “Le programme, c’est nous !

  1. Je pensais avoir tout lu, tout entendu, Si je comprends bien le programme de Macron c’est lui. Parce que pour le reste, je n’ai pas vu ni lu l’ombre d’une proposition, d’un chiffre. Rien, peau de balle, que dalle! Le néant en quelque sorte! Il ne s’agit pas d’aligner quelques phrases bien tournées pour convaincre. Si Macron est arrivé là, c’est parce qu’il a des « amis » financiers qui lui ont ouvert une ligne de crédit conséquente, attendant sans doute un retour s’il était élu. Hollande nous laisse au bas de la pente.EN MARCHE va nous mener vers le gouffre!

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  2. Personne n’a besoin d’être payé pour être à la fois lucide, optimiste, volontaire et courageux. Généralement le seul vrai salaire de cette attitude est le bonheur de pouvoir faire partager son engagement. Et ce type d’accusation me fait toujours penser à cette phrase que l’on prête à Surcouf, je crois. Un jour qu’il était prisonnier d’un capitaine anglais ce dernier déclara : Monsieur je vous méprise, vous vous battez pour l’argent alors que je me bats pour l’honneur ! » Et le célèbre corsaire répondit : « Exact Monsieur, chacun se bat pour ce qu’il n’a pas ! »

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  3. Beau projet en effet mais je voudrais qu’on m’explique comment fera t-on pour fédérer ceux qui savent, qui peuvent, qui veulent par leur créativité, leur expérience, leur commerce. ..et ceux qui, plus vulnérables, plus fragiles qui sont restés au bord du chemin et exclus de l’économie.

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  4. Faisons vivre le principe de la subsidiarité : toute initiative, toute prise de responsabilité, tout problème politique est à régler au niveau le plus bas, à moins qu’il soit trop faible pour le résoudre seul. Ce principe de hiérarchie montante des niveaux de décision repose sur le principe même de la souveraineté de l’individu devant l’état. Ce qui n’a rien à voir avec une quelconque forme de populisme où la responsabilité du peuple s’efface derrière l’état. Tout en protégeant ceux qui ont des besoins car, souvent, c’est de leurs rangs que sortent les plus vaillants.

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  5. Encore un candidat qui n’aura pas le courage de lutter contre les paradis fiscaux, et qui va nous enfumer grâce aux médias détenus par des milliardaires qui vont lui trouver toutes les qualités du monde.

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About Xavier Alberti

Fils, frère, mari et père. Entrepreneur engagé et dirigeant d'entreprise. Membre Fondateur de la Transition et de Jamais Sans Elles.