Presque rien

Une saveur, une odeur, un paysage, un visage, une chanson, voilà de quoi sont faites nos vies. Le pain grillé à l’ail et aux anchois que me préparait mon Grand-Père Louis au petit déjeuner, l’odeur de la remise où dormaient ses chiens et où il rangeait mon vélo, la vue sur la place des fêtes où j’apercevais les manèges qui s’installaient pour la fête du village, son visage marqué par une vie de labeur et de soleil, Cabrel chantant « les murs de poussière ».

Mon grand-père est parti, je n’ai plus jamais assisté à la fête du village, ni franchi la porte de sa remise, et lorsque je me prépare la roustide, ce morceau de pain de la veille que l’on grille et que l’on tartine d’huile d’olive, d’ail et d’anchois, elle n’a plus jamais le goût de celle de mon enfance. Reste Cabrel… et j’écoute toujours les murs de poussière, depuis 40 ans, avec toujours le même plaisir, même si sa résonnance a changé au fur et à mesure que les années ont passé. Une mélodie, quelques mots, cinq ou six accords, presque rien… presque.

Qu’est-ce qui fait qu’une chanson, qu’un chanteur, s’ancrent dans nos vies, au point d’y dessiner une colonne vertébrale, je l’ignore, mais à bientôt 50 ans, j’en devine désormais les contours et je perçois clairement le dialogue silencieux qui peut s’installer entre une vie et une œuvre. Sans évidemment les comparer, ce peut être avec les Rolling Stones, avec Hugo, avec Picasso, avec Baudelaire, avec Audiard ou avec Ferrat, mais ce lien existe et il participe à donner à notre mémoire une forme, des couleurs et des sons, des sentiments et des sensations.

Le fait est que Cabrel est pour moi ce que Brassens ou Dylan furent pour d’autres, et il ne peut s’agir ici d’une question de goût, mais d’une rencontre qui donne naissance à une communauté de lieu, de temps et de souvenirs. Cabrel raconte sans l’avoir voulu une partie de nos vies comme si la Tante Léonie avait parsemé celle de Proust de cent madeleines différentes.

Bien sûr, lorsque l’on parle de Francis Cabrel, c’est d’abord quelques ballades romantiques qui viennent à l’esprit, des chansons où l’on « aime à mourir », où l’ « on ne vivra jamais tous les deux » et quelques rocks bien emballés, de haute Savoie ou d’ailleurs. La caricature est le revers de la médaille du succès populaire et Cabrel n’y a pas échappé. Dès lors, on peut s’en tenir à cette image du troubadour suranné et à cet accent qu’il déposerait sur quelques rengaines à l’eau de rose ou bien s’attarder un peu et regarder ce qui se cache derrière 40 années de carrière durant lesquelles il a classé – performance inégalée à ce jour – trois albums parmi les 20 plus vendus en France.

Évidemment, Cabrel est un talentueux mélodiste, de ceux – avec Jean-Jacques Goldman – qui sont capables de décocher les mélodies comme des flèches et de vous les loger dans l’oreille dès la première écoute. C’est un talent rare et recherché car il est synonyme de ventes, mais cela reste très insuffisant car pour ancrer une oeuvre dans la durée, il faut que quelque chose de plus grave y vibre.

Ainsi Cabrel, c’est d’abord un extraordinaire spectateur de son temps et un conteur hors normes. Pas un album n’échappe à cette impérieuse nécessité pour lui de nous livrer sa lecture du présent et sa vision d’un certain avenir à défaut d’un avenir certain, la certitude chez Cabrel ne semblant jamais dépasser celle du « chêne liège » auquel il s’adosse parfois pour composer ou écrire. C’est dans la longue et lente observation de sa propre vie d’un côté et d’un monde hystérique de l’autre, qu’il puise la technique par laquelle il taille les phrases pour leur donner autant de poids en aussi peu de mots ; et c’est parce que sa vie ressemble vraisemblablement aux nôtres qu’il touche si souvent, si juste.

Dès son premier album, trois titres (« Ma ville », « Je m’étais perdu » et « Change de docteur ») jettent un regard engagé, voire revendicatif sur notre société et sur ses travers. Cabrel vient de la gauche de la gauche comme on dit maintenant et une pincée d’anarchisme pointe quand il chante, jeune, « Moi je veux vivre plus loin, Reprenez vos papiers, vos titres et vos bulletins. » Pour moi les 4 premiers albums de Cabrel sont de la même veine. Ils sont construits sur les deux mêmes thèmes – l’amour et l’absurdité de nos modèles de société – et surtout, ils sont bâtis sur des structures musicales et des arrangements un peu pompeux où Cabrel n’a pas encore trouvé, ni posé sa marque.

Évidemment, Cabrel n’est pas Hendrix mais il n’en demeure pas moins un guitariste et même (et surtout) un guitariste de main droite, celle de l’attaque, celle du rythme. Sur ces cinq premiers albums, ses attaques sont assez naturelles, sur des cordes lâchées, peu étouffées et sur des rythmiques ou des arpèges qui renvoient directement à James Taylor ou Bob Dylan. Au fur et à mesure que les albums « Quelqu’un de l’intérieur » et « Photos de voyages » dessinent un virage dans les thèmes et la façon dont Cabrel les aborde, la guitare acoustique se fait plus présente, plus incisive et commence à structurer les arrangements et à cadencer les textes. Il faut attendre la dernière chanson de l’album « Photos de voyages » et son titre éponyme pour entendre cette attaque de main droite qui va devenir caractéristique et qui annonce la première attaque du premier accord du premier morceau de l’album qui sortira quatre ans plus tard. Le morceau s’intitule « Animal », l’album « Sarbacane », nous sommes en 1989 et Cabrel a trouvé sa main droite, précise, équilibrée et très rythmique, elle fait vibrer « Sarbacane », « Je sais que tu danses » ou « Dormir debout » et elle ne le quittera plus jamais, prenant les rênes de ses chansons pour leur donner cette cadence caractéristique sur laquelle se calent les mots.

En même temps que Cabrel cherchait sa main droite, il trouvait ses thèmes et surtout la façon de les traiter, non plus de face comme dans les quatre premiers albums mais de biais, par surprise, en oblique. À partir de « Quelqu’un de l’intérieur », les arrangements musicaux s’allègent et les textes se cisèlent. Désormais, Cabrel vient sans s’en en avoir l’air, sans se prendre au sérieux, sans complexité, sans envolées, par petits pas de côté… La vie commence un matin, elle finit un soir…

« Ce matin j’ai joué aux billes,
J’ai couru les filles,
Et j’ai pris tout mon temps,
J’ai accroché mon cœur,
Aux épines de fleurs,
Et j’ai gagné souvent,
Ce soir, je pousse de ma canne,
Les feuilles des platanes,
Sous les bancs de ciment,
Dans les odeurs de cigare,
Et le bruit des guitares,
De mes petits-enfants. »

Là encore, « Quelqu’un de l’intérieur » et « Photos de voyages » matérialisent une période charnière pendant laquelle Cabrel opère une rotation sur lui-même et change ses points de narration, incarne, nomme, « se prend pour » afin de mieux nous projeter, afin de nous embarquer, comme dans « Le lac Huron » où il prend l’apparence d’un amérindien enfermé dans sa réserve :

« Je suis tombé au premier matin
Devant ma mère à genoux,
On m’a fait boire le lait des chiens
Chauffé sur les cailloux,
Encore aujourd’hui
Quand j’ai le sang qui bout
Quand je sens que monte l’orage,
Je peux hurler jusqu’à ce que les loups
Viennent me lécher le visage. »

C’est par cette technique narrative qu’il écrira un de ses textes les plus inspirés et les plus inspirants, « la Corrida », où il donne la parole non pas aux pro ou aux anti, mais au taureau. Cette chanson m’a fait passer une semaine dans le sous-sol du Caroussel du Louvre. Alors étudiant à Paris, je n’avais pas l’argent pour acheter l’album. Le matin de sa sortie, en avril 1994, je me suis installé au Virgin Mégastore du Carrousel (disparu depuis) pour écouter l’album sur une borne libre-service. J’y ai passé une partie de la semaine, jusqu’à le connaitre par cœur, jusqu’à pouvoir le chanter pour pouvoir l’écouter.

Cet album ouvre aussi le chapitre des chansons qui abordent la grande pauvreté et les fractures sociales… « Les vidanges du diable » sera rejoint plus tard par « Madame X » et « Têtes saoules », qui donnent à voir non seulement le sujet des grandes inégalités mais aussi celui de l’immense défiance qui sépare désormais les peuples de leurs dirigeants.

A ce titre, « Les faussaires », « Les cardinaux en costumes », et dans son dernier album « Dur comme fer » et « Pas si bêtes » esquissent la crainte de voir notre modèle de société emporté par son propre dysfonctionnement et par l’incongruité d’un système de distribution des ressources qui marche sur la tête.

« Dans nos habits rapiécés
On en a fait des courbettes
On n’a jamais ramassé
Que des débris et des miettes

Sans vouloir vous offenser
Si le ciel doit se renverser
Ce sera sur nos toitures percées
Et ça, on n’est pas si bêtes, on le sait. »

Ce qui m’a toujours frappé, chez Cabrel, et évidemment chez Dylan, c’est cette capacité à faire porter à si peu de mots autant de sens, autant d’histoires avec autant de force.

« Les murs de poussière » c’est un peu plus de 200 mots pour raconter l’histoire d’un homme, jeune, qui rêve d’une autre vie, de réussite et de ses différentes faces, claires et obscures… « Les murs de poussière », c’est une histoire universelle, l’histoire de tant d’hommes qui sont partis chercher mieux ailleurs, une vie à vérifier que finalement, rien ne vaut mieux que son « lopin de terre », ses vivants et ses morts ; une chanson qui pointe du doigt l’extraordinaire vacuité de nos vies lorsque nous les passons à courir après ce qu’on ne rattrapera pas, cet orgueil qu’on ne rassasie jamais.

39 mots, c’est ce qu’il faut à Cabrel pour matérialiser ce que fut la nécessaire abstraction des 27 années de captivité de Mandela, juste en s’adressant à sa fille:
« Mon cœur, mon amour, mon enfant,
Au matin de tes vingt-sept ans,
Pense à tout ce que tu as pu faire,
Plusieurs fois le tour de la Terre,
Imagine tout ce temps,
Mandela sur son lit de camp. »

Il ne lui faut pas beaucoup plus de 8 vers, dans « Mademoiselle l’aventure », pour éclairer un peu le mystère de l’adoption en adressant ce message à la mère inconnue de sa dernière fille:
« Mademoiselle le mystère,
Evanoui pour toujours,
Vous serez toujours la mère
Nous serons toujours l’amour,
C’est le livre qu’on partage
Et nous voila réunis,
Au matin de chaque page
On vous remercie. »

Il lui suffit de 60 mots en 2008, pour faire témoigner ceux qui traversent aujourd’hui la méditerranée dans l’espoir d’une vie et au péril de la leur :
« Vous vous imaginez peut-être
Que j’ai fait tous ces kilomètres
Tout cet espoir, tout ce courage
Pour m’arrêter contre un grillage.

Est-ce que l’Europe est bien gardée ?
Je n’en sais rien
Est-ce que les douaniers vont tirer ?
On verra bien
Si on me dit, c’est chacun chez soi,
Moi je veux bien, sauf que chez moi,
Y’a rien. »

Lorsque l’Académie Nobel a décidé en 2016 de remettre son prix de littérature à Bob Dylan, elle a rappelé que tout ce qui se rattache à l’écriture fait partie du 5èmeart et elle a ouvert une voie en affirmant que chanter de la poésie est un art majeur et qu’il y a dans les œuvres de ceux qui s’acharnent toute une vie à ciseler des textes sur des musiques pour y raconter l’amour, la guerre, l’amitié, la mort, la foi, le désespoir, la paternité, le départ, l’exil, Robert Johnson ou les Chevaliers Cathares, le force créatrice nécessaire pour donner à ceux qui l’écoutent avec l’attention nécessaire, le sentiment ou l’inspiration qui font résonner des existences.

C’est justement Cabrel qui a permis à de nombreux français non anglophones de faire plus ample connaissance avec le totem que représente Dylan en traduisant dans notre langue – autant que faire se peut – des textes aussi riches que définitifs. Une façon aussi de se mettre au service d’un des derniers géants du 20èmesiècle, et finalement incarner symboliquement ses vers puissants de Dylan qui rappellent, traduis par Cabrel, que
« Tu peux être un ambassadeur,
Un prince florentin,
Tu peux crouler sous les honneurs,
Coucher dans le satin,
Être un as de la finance,
Multiplier les pains,
Exiger des révérences,
Et qu’on vienne manger dans ta main…
… Il faudra que tu serves quelqu’un. »

Il y a des chansonnettes sans lendemain, qui durent un été et dont le texte ne vous donne rien à retenir d’autre que ce que la répétition leur mérite, et il y a des chansons qui sont les hymnes d’un âge, les témoins de l’Histoire, les bouées d’une vie qui sombre, les tremplins d’un nouveau départ, des phares qui brillent à chaque fois que vous vous perdez.

Il y a des chanteurs d’une soirée, d’une année, d’une mode, et il y a des artistes qui laissent en héritage l’œuvre d’un siècle, la trace d’une vie plus profonde que les autres, le signe d’un temps qui disparait avec eux. Un jour ils nous cueillent par la justesse de leurs textes et ils nous accompagnent parce qu’ils donnent un écho à nos croyances ou parce qu’ils nous donnent à penser et plus seulement à claquer des doigts.

Cabrel a partagé ma vie sans le savoir, enfant, alors que je partais à la découverte des premières notes et des premiers sentiments, adolescent alors que j’apprenais la guitare dans la rigueur d’un conservatoire de musique et que je « grattais » ses chansons comme on prend le chemin de l’école buissonnière, le médiator comme seule fronde, jeune homme lorsqu’on aime et que pour la première fois on souffre, puisque « c’est écrit », homme quand on susurre à l’âme jumelle qu’on a tellement attendue « Nos pas dans les mêmes empreintes, qu’est-ce que t’en dit ? », enfin père, quand on comprend pourquoi tout change, « mes doigts pris sur tes poignets »… et puis tous ces instants où la musique donne le tempo, tous ces voyages en train le casque vissé sur les oreilles, toutes ces heures de route à chanter à tue-tête, toutes ces soirées sur la terre, assis en cercle, accrochés aux manches de nos guitares.

40 ans, c’est quelque chose, et je voulais les célébrer à ma façon, en quelques mots, mes mots, puisque je n’écris pas de chansons. Maintenant notre compagnonnage silencieux peut reprendre, en attendant le prochain opuscule en provenance d’Astaffort, et en craignant comme à chaque fois qu’il puisse s’agir du dernier.

Enfin, si tout cela vous fait gentiment sourire ou franchement rire, que vous ne partagez pas mon enthousiasme ou que vous trouvez que tout ceci est très exagéré, Francis Cabrel a aussi écrit une chanson pour vous donner raison, « Des gens formidables » :

« On ferait des chansons éternelles,
Et en quelques couplets,
On ferait la Terre plus belle,
L’homme moins mauvais,
Ça ferait de nous des êtres rares,
Et comme immortels,
Mais on fait des petites chansons qui se fanent
Et on se fane avec elles. »

Crédit Photo: Claude Gassian

20 réponses sur « Presque rien »

  1. Très bel hommage à Francis Cabrel, après votre très bel hommage à Simone Veil. Cabrel a donné un très beau spectacle le 19 juillet dernier à Rodez, un spectacle hommage aux Troubadours. Une magnifique soirée
    Bien cordialement

    Aimé par 2 personnes

  2. Merci je me retrouve dans ton ce que vous dites Francis Cabrel a bercé mon enfance, mon adolescence, ma vie de femme, de mère, adoucit mes souffrances. 40ans après je me réveille chaque jour avec une de ses belles oeuvres. Merci la vie , merci Francis de nous faire vivre et nous retrouver à travers t’es belles mélodies

    Aimé par 1 personne

  3. Bien résumé. Et oui on attend le nouvel opus et en même temps on engoisse que ce soit le dernier de ce grand Monsieur si simple et tellement proche de la vraie vie. Merci à tout son entourage et surtout sa famille qui on forcément contribué à préserver cet Homme.

    Aimé par 1 personne

  4. c est un magnifique texte ça dit tout ce que je ressens sans savoir l écrire. cabrel m a portée depuis mes 19 ans ou j ai découvert son 2éme album en le vendant dans un monoprix pendant un job d été. Il ne m à plus quittée j’ai vieilli avec lui j ai 57 ans et j espère qu’il me permettra d aller très loin encore. merci pour ce texte

    Aimé par 1 personne

  5. Très joliment dit. Merci pour cette belle plume qui traduit ce que je ressens ainsi que de nombreux admitateurs de FC de la première heure ou arrivés plus tard dans cette longue carrière.

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  6. Au debut il m ‘a interpelle au festival de la chanson a Spa en Belgique…chez moi. Depuis 40 bonnes annees sont passees et comme le vin qui titille le palais, il s est affine a ecrit des beautes poetiques et m a definitivement appris qu il etait le plus grand de sa generation. C est indelebile et dans mon coeur il restera comme jamais un frere de verite.

    Aimé par 1 personne

  7. Monsieur Alberti, merci.
    Vous décrivez avec justesse et argumentations, le travail et la personnalité d’un homme et de son univers dans lequel je me suis retrouvé et construit.
    Merci pour votre analyse et vos descriptions… C’est presque rien …mais déjà tellement beaucoup …

    Aimé par 1 personne

  8. Monsieur ,j’ai les larmes aux yeux……
    J’aime votre poeme car pour moi c’en est un;j’aime cet homme pou ses textes ,ses musiques,son engagement,..enfin vous comprenez que je suis une inconditionnelle!!ILy en a eu quelques uns comme lui durant ma vie Brassens,Brel,Ferrat
    Aussi je vous remercie encore encore,encore et encore !!

    Aimé par 1 personne

  9. Merci pour ce magnifique message. C’ est tout fait ce que je ressens. Un jour mon pere m’ a fait ecouter cet homme et il n’ a plus jamais quitte ma vie.
    il est mon lien eternel avec un defunt pere et maintenant celui que j’ ai avec mes filles. Si j’ ai pu leur transmettre les valeurs vehiculees dans ces chansons alors c’ est peut etre pas si mal… encore merci.

    Aimé par 1 personne

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About Xavier Alberti

Fils, frère, mari et père. Entrepreneur engagé et dirigeant d'entreprise. Membre Fondateur de la Transition et de Jamais Sans Elles.