Et si on parlait d’amour ?

Face à la détestation qui s’ancre dans une France désormais en rupture, face à la haine qui s’est emparée de certaines rues, de certains slogans ou de certains réseaux sociaux, mon amie Tatiana Salomon a décidé de lancer un mouvement contraire, non pas une digue mais une vague, non pas de monter un mur mais d’ouvrir une voie, non pas de maudire l’obscurité mais d’allumer une bougie, une flamme, en forme d’invitation : « Et si on parlait d’amour ? »

J’en devine qui lèvent déjà les yeux au ciel, estimant probablement qu’il n’y a que le sérieux et la fermeté à opposer à la violence et à la détestation. « L’amour mon bon monsieur, c’est bon pour la poésie, pour les roucoulades ou pour les printemps qui chantent, pas pour les hivers qui glacent, pas contre les meutes imbéciles, pas contre la haine aveugle ! »

Pourtant l’amour est au cœur du projet républicain et de son identité. D’abord parce que pour faire une nation il faut partager l’amour pour son pays, et aimer éperdument ce qui le fonde, ses valeurs bien sûr, mais avant tout sa terre, ses territoires, ses paysages, ses accents, sa cuisine, ses paysans, ses maisons, ses montagnes de la colline inspirée jusqu’à la sainte victoire, ses falaises d’Étretat à Bonifacio, ses forêts d’Iraty à Brocéliande, ses ports de Douarnenez à Collioure, ses îles de Moorea à l’île d’Yeu.

Car la France c’est d’abord l’histoire d’un coup de foudre entre la nature et la culture, entre la mer, la terre et l’altitude, entre la Bible, les Grecs et les lumières, entre les coups de crayon de Géricault, de Matisse et de Saint Laurent, entre un turbot, du champagne et Monsieur Paul, entre le satan de Hugo et l’albatros de Baudelaire, entre Meursault, Emma et Bardamu, et finalement entre la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

Et c’est justement là, au cœur du triptyque républicain que l’amour, habillé en solidarité fraternelle, clôt notre devise. Il porte le nom de ce qui unit les citoyens pour leur permettre de respecter la liberté de chacun et de rechercher l’égalité de tous.

C’est un pari fou, une République laïque, démocratique et sociale et c’est justement parce que c’est un pari fou qu’il faut de la Fraternité. Si nous perdons la fraternité, si nous perdons l’envie de goûter dans une société de frères et de sœurs, les charmes de l’égalité, alors nous perdrons la liberté, nous perdrons la démocratie et finalement nous perdrons la République.

Dans un concert de citoyens qui vibrent d’histoires et d’opinions différentes, la Fraternité et la sororité sont le seul liant qui permette à la République de trouver son unité, par l’harmonie. Ne nous trompons pas, ne nous mentons pas, pour l’heure nous l’avons perdue, l’harmonie, perdue la Fraternité, et aussi perdue, l’unité de la nation… Pour les retrouver, nous devons retisser le lien, dialoguer, échanger, discuter, nous disputer, nous fâcher même, mais sans jamais perdre de vue que ce qui nous unit est plus important et plus fort que ce qui nous sépare… car la Fraternité c’est, comme le dit souvent Tatiana, admettre que « nous sommes d’accord pour ne pas être d’accord » et savoir qu’au-delà de ces divergences, demeure l’essentiel, c’est à dire l’estime, le respect, la bienveillance et la solidarité, bref tout ce qui sépare la civilisation de la barbarie, l’humanité de la cruauté, la lumière de l’obscurité et finalement la haine et l’amour… alors, oui, si nous parlions d’unité, si nous parlions de fraternité… et si on parlait d’amour ?

#EtSiOnParlaitdAmour

5 réponses sur « Et si on parlait d’amour ? »

  1. Merci pour cette Vague d’Amour que nous portons Tous individuellement sans focément se l’avouer ou l’avouer à l’Autre…c’est chose faite et laissons Nous porter, transporter par cette Vague d’Amour pour nous même et ceux qui Nous entourent et que la France en soit rayonnante et à la face du Monde car c’est Bien celui-là le destin de la France, Etre rayonnante!

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  2. Joli texte baume au cœur en ces temps troubles.
    Je le mets sur Twitter? On verra, la plateforme est en manque d’amour elle aussi.
    Mais par quoi commencer, pour retrouver ce lien…qui nous tient..nous retient…
    On pourrait toujours écouter Souchon, non?

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  3. C’est un très beau texte que vous écrivez là Monsieur Alberti. L’amour, c’est également s’intéresser à l’autre, aux autres, c’est aller vers eux pour chercher à les comprendre, leur apporter des solutions.
    La nation peut apporter deux types de solutions (au minimum), l’enseignement, voir l’éducation (qui devrait être faite par les parents avant tout) ou la répression. Mais beaucoup des dernières décisions de nos dirigeants (tous bords confondus et depuis plusieurs années) consistent à réaliser de la répression par le cumul des taxes et des interdictions. L’exemplarité serait certainement plus pédagogue et efficace.
    Mais l’exemplarité, la moralité, même si elles ont été mise en avant quelques temps, n’ont pas survécu. Le naturel, l’intérêt personnel et l’appât du gain reviennent au galop. Par exemple, Johnny (l’idole des Français, sic) et son enterrement en grande pompe, Ghosn l’exemplaire réussite industrielle et sa chute fulgurante, ainsi que toutes ces stars et richissimes chefs d’entreprise qui profitent des naïfs Français par leurs actes d’achats, par leurs impôts (TVA notamment). Cette élite a bénéficié et joue des services de l’Etat, de la Nation pour s’enrichir, mais ne suivent plus la règle du jeu au moment du repartager de leurs gains en s’installant à l’étranger pour optimiser !
    La République, la Démocratie, c’est le partage des décisions et des responsabilités, chacun à son niveau certes, mais c’est la participation de tout le monde. Saufs que malgré la décentralisation, les décisions restent imposées de l’élite Parisienne. Les décisions, le travail, le commerce, les services s’éloignent des campagnes et des banlieues et une forme de centralisation continue de se développer, ça s’appelle « la couverture vers soi » celle du « vrai » décideur. Nous sommes très loin du concept d’aménagement du territoire, de la démocratie, de la moralité.
    Alors les gilets jaunes sont apparus, pour exprimer un raz le bol. Même si je n’adhère pas à leurs démagogies, à la violence, je les comprends. Par ce mouvement de contestation, cela permet de récréer un lien social (pour les plus pacifiques, ceux qui sont sur les rond points et ne cassent pas), ces « sans dents » rencontrent de gens dans les mêmes difficultés, ils se trouvent des points communs. Celui entre autres d’avoir été berné par l’élite.
    Alors pour moi, l’amour, la fraternité c’est le respect de toutes et tous.

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About Xavier Alberti

Entrepreneur et citoyen engagé. Président de la Transition et membre fondateur de Jamais Sans Elles.